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Vincent Bolloré aime son huile de palme et France Inter
Aujourd’hui débute l’audience devant chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris d’une affaire pas comme les autres. Vincent Bolloré, le tout puissant patron du groupe éponyme attaque en diffamation une célèbre radio française de service public, les producteurs de l’émisssion « Interception » ainsi qu’un journaliste qui a osé en début d’année, enquêter sur les activités de son groupe au Cameroun. En Cause la diffusion d’une enquête par France Inter en mars dernier:
❖ CAMEROUN : L’EMPIRE NOIR DE VINCENT BOLLORE (Ecoutez l’émission ICI )
Cette affaire pourrait permettre l’ouverture d’une boîte de Pandore fermée très souvent à la vue et à l’ouïe des français: certaines activités des filiales du groupe Bolloré dans les pays africains s’apparentent à de l’esclavagisme.
Vincent Bolloré avait prévenu il y a quelques semaines dans un entretien au magazine Jeune Afrique: « Après réflexion, au Cameroun et en Afrique, nous pouvons et nous devons nous défendre« . Pas question de changer de méthode et de réhausser les standards et les comportements économiques. Seule la force dans ces cas est comprise par les diffamateurs sans vergogne. Surtout que de l’autre côté les chinois eux n’hésitent pas à « couper 40 à 50 arbres à l’hectare où nous n’en coupions qu’un seul » s’agissant des activités d’exploitation forrestière par exemple.
Un regard sur les damnés de la terre
Très souvent la communication du groupe rétorquera que celui-ci respecte absolument les normes sociales locales. Souvenons-nous des mines du XIXème siècle en France et de la rhétorique employée par les maîtres. A quel titre les conditions de travail des ouvriers africains sur leurs terres doivent-elles être plus lamentables que celles dénoncées par le rapport Villermé quant aux malheureux des forges des mines du Nord de la France au XIXème siècle? Ces normes sociales locales ne sont-elles pas le plus souvent dictées par les mêmes entreprises, qui appartiennent aux réseaux politiques et économiques qui tiennent et instituent les gouvernants de ces pays? Un groupe comme celui de M. Bolloré a-t-il les moyens d’exiger d’un gouvernement corrompu qu’il fermât les yeux sur des atteintes évidentes aux droits de l’homme?
Le quotidien camerounais Le Messager publiait ce matin une partie des notes prises par Benoît Collombat le journaliste attaqué en diffamation par Vincent Bolloré, pendant le tournage de son reportage:
Pour 30 000 francs Cfa qu’on pourrait diviser par 600 pour voir le montant en euro, par mois comme salaire, l’employé doit couper environ 250 régimes de noix de palme par jour. Le premier nous raconte l’histoire d’un camarade qui travaillait avec eux dans la plantation. Ce dernier fut victime d’une chute au cours de laquelle un arbuste lui rentra dans les testicules. L’employeur se débarrassa de lui sans avoir payé ses droits. L’autre nous raconta celle d’un autre qui, malade puis décédé faute de moyens, ils l’enterreront dans la plantation parce qu’il n’y aura même pas les frais pour le transporter dans son village natal à Bamenda aux fins d’inhumation. Bref, c’est l’enfer pour les travailleurs à Nyeté. L’espace ne permettant pas d’égrainer tout le chapelet, nous partirons de Nyeté ce soir là pour Douala où nous prenons la couchette.
Il y a quelques mois, le Monde diplomatique publiait un Reportage en Images autour de la question des ouvriers « sous-traités » des plantations de palmiers de la société SOCAPALM. Quelques images parfois valent des bibliothèques.

Du Cameroun au Gabon
Nous avions dénoncé l’impossible neutralité du groupe Bolloré au moment de l’élection présidentielle gabonaise. La soeur d’Ali Bongo est aussi la présidente du conseil d’administration du groupe Bolloré Mining Logistics au Gabon. Egalement, nous nous sommes joints à l’époque à un groupe de Gabonais qui organisa à la suite de la proclamation d’Ali Bongo comme président du Gabon une manifestation devant le siège du Groupe à Puteaux en France.
Une anecdote intéressante à propos de cette manifestation: son organisateur principal fut retenu par les services de police des Hauts-De-Seine (92) et placé en garde à vue au moment même où se déroulait la manifestation. Une intimidation en bonne et due forme et une preuve à l’appui du concours que peut apporter l’État français contre qui s’oppose à M. Vincent Bolloré.
Il faut combattre le Racisme Géopolitique
Seule une longue lutte permît l’accession aux misérables des classes ouvrières européennes du XIXème siècle à une meilleure prise en considération de leur dignité. Le procès en diffamation contre les journalistes et producteurs de France Inter est non seulement une tentative supplémentaire d’entrave au droit d’informer des journalistes français mais aussi une réelle volonté de mettre sous cloche les activités de multinationales comme celle de Vincent Bolloré au regard de leur violation systématique des droits sociaux des travailleurs en Afrique, de leur mépris au regard du droit de ces hommes et femmes d’avoir accès un jour à une vie plus digne. Il est aussi à craindre que très peu de journalistes en France osent dénoncer les manoeuvres d’intimidation de Vincent Bolloré dans cette affaire, compte tenu de la puissance et de la présence de son groupe dans le paysage médiatique en France et de ses liens avec le pouvoir actuel de ce pays.
Bannière du groupe Facebook de soutien à France Inter contre Vincent Bolloré
Un groupe de soutien à France Inter sur le réseau social Facebook a déjà réuni plus de 400 africains et amis de l’Afrique autour de cette affaire qui s’annonce lourde en rebondissements.
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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.
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Ecrivez votre commentaire ici.bonjour j’aimerai en savoir plus sur le groupe bolloré au gabon