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Presse Gabonaise – Le choix des journalistes : être manipulés ou persécutés…

( Photo: Kevin Mébalé, journaliste à Universel News )
Dans ce billet je parlerai en tant que journaliste de profession de la liberté de la presse, celle-là même qui constitue le socle des démocraties modernes. Je reviendrai dans une deuxième partie sur les événements de la cité de la démocraitie la semaine dernière, afin de donner un éclairage à l’acte final du coup d’Etat électoral.
Sur le péril de la liberté d’informer et de la presse au Gabon
Dur dur d’être journaliste par les temps qui courent au Gabon.
Il y a quatre jours, deux organisations, Reporters Sans Frontières et le Comitee To Protect Journalists, avertissaient la presse internationale des pressions subies par les journalistes et l’ensemble du corps de métier d’informer au Gabon. Ceux-ci sont désormais victimes d’actes terribles que nous devons dénoncer de la manière la plus ferme. Je lance un appel aux journalistes étrangers présents au Gabon afin qu’ils évoquent et témoignent, de manière plus vigoureuse de ces atteintes à cette liberté fondamentale.
Quelques temps avant le scrutin du 30 août, la télévision privée TV+ était fermée. Les tenants du pouvoir craignaient probablement qu’André Mba Obame ne se déclare vainqueur le 30 août sur sa télévision. AMO l’avait sans doute un peu cherché puisque depuis son retour de Barcelone en Espagne d’où il avait lancé un « défi aux Bongos Ondimba », ce dernier avait transformé son média en instrument de sa campagne de nouvel opposant.
Nombreux seront d’ailleurs les gabonais qui vont adhérer par ce biais à son discours, oubliant que l’ancien ministre de l’intérieur est l’un des principaux bâtisseurs du système PDG et du Bongoïsme. AMO ayant demandé pardon au Peuple Gabonais pour ses erreurs passées, accordons lui pour le moment, et jusqu’à preuve du contraire, le bénéfice du doute…
Go Africa, un autre média lié à TV+, a été mitraillé quelques jours plus tard avec des armes de guerre sans que l’on comprenne véritablement la raison de cet acharnement. L’avenir le dira.
L’UNION, unique quotidien du pays, proche du pouvoir, consacrera des pages entières, pendant des semaines, au candidat PDG. Les autres candidats n’auront droit que de temps en temps à quelques passages soumis au bon vouloir d’Albert Yangari, son inamovible directeur de la communication. A l’UNION, aucun avenir pour les journalistes critiques envers le système PDG.
Moi-même, de prétendus membres de ma famille, se comportant en véritables porte-flingues du candidat PDG, montèrent un stratagème pour me faire venir à une émission en direct de Téléafrica pour un lynchage médiatique en bonne et due forme. Ils échouèrent car, en professionnel des médias, j’ai eu la présence d’esprit de comprendre ce qui m’attendait et de quitter le plateau sans préavis.
Aggressions violentes contre des journalistes de la chaîne de télévision privée UNIVERSEL NEWS
Boudé par les médias d’Etat, quelques médias privés m’ont ouvert leur espace et, parmi eux, la chaîne locale Universel News s’est particulièrement distinguée. Kévin Mébalé, un journaliste de cette chaîne témoigne dans cette vidéo de ce qui lui est arrivé après le match Gabon-Cameroun samedi dernier.
Or, ces derniers jours, des gendarmes ont violemment agressé des journalistes liés à cette chaîne. Un journaliste reporter à eu le nez cassé, sa caméra détruite et emportée. Le directeur général d’UNIVERSEL NEWS a été agressé à son propre domicile car on lui reprochait de travailler pour une chaîne ayant trop couvert la campagne de l’opposition. Et ce n’est qu’un cas parmi d’autres de violation des droits des journalistes. La loi de la jungle, autrement dit celle du plus fort, est de mise désormais au Gabon. Nous avons reculé d’un siècle et le respect, au moins apparent, des standards internationaux ne veut plus rien dire. Nous appelons la Communauté Internationale à faire ce qu’il faut pour que le Gabon préserve un minimum de démocratie et de respect des droits humains, à commencer par la liberté de la presse.
Une équipe de la RTG est venue m’interviewer à domicile, espérant que je lancerais un appel à l’apaisement, ce que je n’ai pas fait. Les journalistes de l’Union ont, comme à leur habitude, détourné mes propos et prétendent que j’aurais appelé à l’union nationale derrière Ali Bongo. C’est faux. J’ai dit que les autorités étaient responsables de la violence. Que le coup de force en était responsable. Je n’ai pas l’intention de rallier Ali Bongo, je ne le rallierai jamais. Je démens avec force tout appel à une pseudo-réconciliation nationale derrière Ali Bongo.
Que le pouvoir assume ses erreurs et n’essaie pas d’utiliser la force de ma voix pour tenter de calmer la population.
Retour sur les événements de la cité de la démocratie
Dans l’attente de l’annonce officielle de la « Victoire » prévisible depuis des mois d’Ali Bongo, je me suis rendu, dans l’après-midi du……. à la Cité de la Démocratie pour apporter mon soutien contre le coup d’Etat, à Pierre Mamboundou et à André Mba Obame, les deux candidats arrivés en tête du scrutin du 30 août. Scrutin que j’ai dénoncé et que je dénonce toujours comme étant illégal.
En arrivant place de la Paix, un cordon de gendarmes a voulu m’empêcher de les rejoindre mais mes accompagnateurs ont réussi à se frayer un chemin et j’ai pu aller saluer les différents leaders politiques réfugiés sous un abribus. Un certain nombre de candidats nous ont rejoint, dont Mba Obame et Eyegue Ndong.
La foule grossissait de plus en plus et nous avons atteint les 10 000 personnes très rapidement. De nombreux tireurs d’élite de la garde républicaine (armée privée qui protège le pouvoir gabonais) étaient postés sur les toits alors que les portes de la cité de la démocratie avaient été fermées. A l’intérieur, vers 20 heures, la CENAP a commencé ses délibérations pendant que la foule entonnait des chants défavorables au PDG et louant AMO ou Mamboundou. Nous savons désormais que cette séance plénière qui aura duré jusqu’au petit matin a constitué une honte pour la démocratie gabonaise puisque le Président de la CENAP va se laisser influencer par la Présidente de la cour constitutionnelle pour que soit manipulés les PV qui n’ont pas donné la victoire au candidat du PDG. D’ailleurs, le PV sanctionnant les travaux de la CENAP ne porte la signature d’aucun des représentants de l’opposition.
En ce qui me concerne, j’ai quitté la Cité de la Démocratie vers 3 heures du matin pour me reposer quelques heures. Lorsque je suis revenu, le ministre de l’intérieur était en train d’arriver à la Cité de la Démocratie accompagné d’une escouade de bérets rouges. Mamboundou et Mba Obame ont aussitôt demandé de le laisser passer mais, arrivés au niveau de l’abribus des opposants, les bérets rouges, commandés par le chef d’état major de l’armée en personne, ont dégoupillé des grenades de gaz asphyxiant qu’ils ont jetées en direction de l’abribus. La fumée opaque empêchait de distinguer les personnes et plusieurs personnalités ont été blessées dont pierre Mamboundou.
Les bérets rouges ont ensuite tiré sur les manifestants pour les disperser en utilisant des bombes lacrymogènes. Le ministre est entré à la CENAP, le visage très fermé et s’est entretenu en privé avec le Président de la CENAP. Après cette discussion, le visage redevenu radieux, le ministre est allé proclamer les résultats que le peuple gabonais n’a pas accepté.
Près de 24 heures plus tard, la cour constitutionnelle validait les résultats et la population gabonaise, plongée dans le désarrois, s’est mise à exprimer sa colère dans la rue. Il semble que des mercenaires aient revêtu l’uniforme de l’armée gabonais pour agir. Le chef d’Etat Major convoqué à la Présidence, aurait déclaré qu’ils avaient attaqué les candidats parce que la population aurait attaqué la première. En tout état de cause, il semble avéré que des mercenaires agissent à l’intérieur de nos forces de sécurité et cela est très préoccupant.
En rendant hommage aux concurrents du candidat du PDG arrivés dans le trio de tête, je tiens à dire cependant que le problème n’est pas, à mon avis, qui a gagné cette élection et qui a la faveur des Procès Verbaux. Il s’agit là d’un problème désormais dépassé. Au vu de la fraude massive, du vote des étrangers, de la falsification des résultats, bref de la désorganisation totale de ces élections iniques, c’est le principe même du scrutin tenu le 30 août qui est en cause. J’ai dénoncé fortement, notamment par une grève de la faim, le coup d’Etat à venir. Pendant ce temps, l’ensemble des candidats participaient à la farce électorale. Comment ont-ils pu croire un instant que ce carnaval servirait à quelque chose ? Comment a-t-on eu la naïveté de penser que le coup d’Etat électoral en marche depuis le 6 mai 2009 était une vue de l’esprit ? Comment des personnalités éminentes et intelligentes ont-elles pu considérer qu’une candidature unique pourrait régler le problème de la confiscation de la démocratie au Gabon ?
J’ai dénoncé pêle-mêle l’élection du 30 août, le coup d’Etat à venir, la sorcellerie politique, le système PDG, la mafia internationale, … Ceux qui me disaient que la grève de la faim ne servirait à rien dans un pays soi-disant pas civilisé reprennent aujourd’hui les mêmes expressions que moi pour exprimer leur désarroi face au coup de force, sans pour autant reconnaître leur manque de lucidité.
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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.
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Bonjour,
Très bien.
Et maintenant?
Que fait-on?
Comment comptez-vous organiser la résistance, relativement à votre engagement, je cite, « à vie, tant que le Gabon ne sera pas sorti du système PDG, [...] tant que l’éthique, la morale, la sincérité et la vérité ne seront pas devenus les quatre points cardinaux de l’engagement politique [au Gabon et le vecteur de notre développement social, culturel et économique]« ?
Je suis prêt à vous suivre, à construire avec vous, ne serait-ce que pour l’avenir de mes enfants. D’autres le sont aussi.
Néanmoins, en tant que leader, guidez-nous dès à présent dans ce long travail de fond pour la libération de notre esclave de peuple.
–
Nfengone