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Le Gabon, les affaires Africaines et M. Guéant


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Claude Guéant, Secrétaire Général de l’Elysée ( © REA )

Je publie à la fin de ce billet des extraits de l’enquête d’Ariane Chemin et Vincent Jauvert sur les coulisses de la diplomatie française à paraître dans le Nouvel Observateur demain. On y apprend sur la méthode de gestion  des affaires africaines par M. le tout-puissant secrétaire général de l’élysée.

Où on apprend que M. Guéant s’est rendu à Libreville récemment

Ainsi M. Guéant, en se rendant à Libreville le week-end dernier et a certainement  oeuvré pour renforcer la démocratie gabonaise et la stabilité dans toute la sous-région.

Si on ne peut reprocher à une puissance de rechercher d’abord son intérêt, on peut s’interroger néanmoins sur la méthode qu’elle utilise pour y parvenir.

Sur le mensonge érigé en principe

M. Joyandet, qui doit son maroquin à la fois à MM. Guéant et Omar Bongo a claironné et tempêté sur toutes les télévisions et radios de France que les autorités françaises n’ont pas pris part au processus électoral gabonais. Qui peut le croire? M. Joyandet sait à qui il doit son maroquin et quelles péripéties ubuesques ont conduit à sa nomination.

Il y a une semaine, il devenait aussi de notoriété publique que le secrétaire d’Etat à la coopération s’est rendu de manière expresse en pleine campagne électorale gabonaise en Guinée équatoriale. Interrompant vacances et laissant famille. Le but de sa mission était de demander au président équatorien, de ne pas soutenir André Mba Obame, opposant gênant de M. Ali Bongo. On a déjà vu mieux en matière de neutralité.

Souvenons-nous encore de cette « intronisation et adoubement » de M. le secrétaire d’Etat de la République française par le président de la République gabonaise:

A tout le moins, on peut reprocher aux  autorités Françaises de n’avoir pas usé de leur influence pour encourager le déroulement du processus démocratique. M. Joyandet fut encore parmi les premiers hier à confirmer et donner des leçons sur « La posture de rupture » attendue par l’héritier du désormais royaume gabonais. Attendue par qui?  Depuis quand un sous-ministre peut-il, au lendemain de la confirmation de l’élection d’un président d’une nation souveraine, émettre un avis sur la manière qu’on requiert  de lui dans la gestion des affaires de son Etat?

Cette élection est un coup de force orchestré par le clan Bongo aidé par les réseaux économiques colonialistes et mafieux français. La contestation en cours de cette élection, qui ne s’est terminée ni avec la tromperie et la mascarade devant la cour constitutionnelle et ne s’achèvera pas avec la prestation de serment de l’usurpateur de la souveraineté du peuple gabonais nous le démontrent.  Dire que les opposants au coup d’Etat sont de mauvaise foi,  que ce sont des « candidats malheureux » – étrange mot d’ailleurs, comme si le malheur n’était pas ailleurs – abonnés à la contestation comme le sont presque tous les opposants en Afrique, que les élections se sont déroulées de manière impeccable est la manifestation visible du plus inique des mensonges politiques contemporain.

Quels sont réellement les intérêts de la France ?

Si le célèbre mot du général De Gaulle: « la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts » a fait école, il faut se poser la question de savoir si les intérêts de la France sont réellement défendus par la mise en place d’un réseau de fils de chefs d’Etat illégitimes après leurs pères. Il faut également s’interroger sur l’éthique violée par ce type d’attitude: au paternalisme colonial, succéda le néocolonialisme paternaliste. Nous nous en retournons aujourd’hui vers un féodalisme économique dans lequel les intérêts coloniaux sont défendus et déguisés sous les oripeaux de l’aide au développement.  Quelle régression. Je le réécris: nous ne sommes pas des primates à peine évolués.

En ce qui concerne l’Afrique, le temps n’est-il pas venu pour la France d’envisager un autre type de partenariat, différent de celui du siècle dernier.

J’espère me tromper mais je vous préviens: le système que vous persistez à vouloir faire perdurer est une évidente fabrique  en conscience de terroristes en puissance.

Changer de temps et de méthode?

Rien ne justifie la prise en otage d’un peuple. Rien ne justifie la mise sous-scellé de la dignité d’hommes et de femmes sous prétexte qu’ils sont pacifiques et de toutes les manières ne se révoltent jamais. Il va falloir aussi comprendre que nous fêterons dans quelques jours la deuxième décade de la tombée du mur de Berlin.

La France, en persistant dans le soutien de réseaux économiques de nature mafieuse dans tout le sous continent  dans une attitude qui frise le mépris racialiste sera nécessairement isolée par le concert des nations. Les intérêts de la françafrique et du peuple français et de la communauté internationale libre ne coïncident plus.

Nous pouvons être certains d’une chose: les jeunesses africaines ne continueront pas à se laisser voir priver de leurs libertés publiques, leurs libertés économiques, leur droit d’aller et de venir, de marcher debout, en hommes et femmes libres pendant un demi-siècle supplémentaire sans coup ferrir. Cette légèreté aura des conséquences qui seront jugées à l’aune de l’histoire.

Extraits de l’article  en rapport avec l’affaire gabonaise:

Récemment il est aussi allé au Gabon, au Qatar ou au Liban. Sans prévenir personne, ou si peu de gens, et si tard. «Ses virées, on les découvre par hasard au cours des réunions. Ou jamais», soupire un diplomate.

(…)

Missions discrètes, négociations classées secret-défense… Depuis deux ans, les week- ends de Claude Guéant sont de plus en plus occupés.

(…),

A Guéant donc, a contrario, la diplomatie secrète, les grands contrats d’armement, le renseignement et les questions privées, avaient compris les conseillers. Le document n’a jamais été officialisé, mais il était clair que Nicolas Sarkozy déléguait de facto toutes les affaires sensibles de la République à son secrétaire général, auquel il voue une confiance absolue.

(…),

Les affaires sensibles ? Celles du continent noir, d’abord, que Claude Guéant a pris en main avec ses hommes, tous des vétérans de la Françafrique, qui ont peu à peu supplanté les «rénovateurs». Depuis quelques jours, on voit moins la Maserati de l’avocat Robert Bourgi devant la grille de l’Elysée. Ce Franco- Libanais, ami d’Omar Bongo (qui l’appelait «fiston») et de Nicolas Sarkozy (qui le tutoie), a «reçu l’ordre» de Guéant de «se taire» : il avait claironné trop haut et trop fort qu’Ali, le fils du président gabonais, était son candidat ?- donc, implicitement, celui de la France. Bourgi fait désormais le mort. Mais son influence reste intacte. Depuis le récent départ de son rival Bruno Joubert, le patron de la cellule Afrique, Bourgi reste le seul à parler tous les jours du Gabon ou de la Côte d’Ivoire avec ses «patrons» Sarkozy et Guéant.


Grâce à Bourgi et à quelques autres, c’est toute la Françafrique qui défile dans le bureau de Guéant.
«Les leaders du continent noir s’adressent à lui pour avoir l’oreille du chef du village», explique le rédacteur en chef de «la Lettre du continent» Antoine Glaser, également auteur de «Sarko en Afrique». «C’est vrai, j’en vois beaucoup. Es pèsent à l’ONU», confirme Guéant. Mais avec eux il parle moins des Nations unies que de business – pétrole, uranium, armes, élections, et même poursuites judiciaires : le 27 novembre 2007, Guéant déjeunait à Luanda avec Eduardo Dos Santos, soucieux de tourner la page de l’Angolagate, mais aussi premier producteur de pétrole en Afrique subsaharienne. Guéant écoute les messages que lui glissent ses interlocuteurs : les ambassadeurs d’Omar Bongo et de Sassou-Nguesso, qui lui demandent et «obtiennent la peau» de l’iconoclaste Jean-Marie Bockel, comme l’a raconté Bourgi sur RTL.

Avec Guéant, la Françafrique reste une affaire de famille. Lorsque les présidents gabonais et congolais apprennent par Bourgi, en octobre 2008, que Guéant a perdu sa femme, ils lui envoient des émissaires chargés de présenter leurs condoléances. Quelques mois plus tard, Guéant assiste aux funérailles de la femme de Bongo, Edith, puis à celles du vieil autocrate, Omar. Et il félicitera son fils, Ali, le nouveau président, avant Nicolas Sarkozy et même l’annonce des résultats officiels de l’élection.


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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.


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