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LA GESTION CALAMITEUSE DU PETROLE GABONAIS !
Le lancement de la vente de blocs du domaine pĂ©trolier du Gabon, initialement annoncĂ© pour le 5 mai, a Ă©tĂ© fixĂ© au 27 octobre 2010, vient d’annoncer le pouvoir gabonais. En approuvant la nouvelle date de lancement du projet du 10ème appel d’offre des blocs libres du domaine pĂ©trolier gabonais en mer profonde et très profonde, le Conseil des ministres n’aura pas fait oublier que le pĂ©trole gabonais est « la chose du système Bongo ». L’appel d’offres concerne « 42 blocs pĂ©troliers en mer profonde d’une superficie de 110.000 m2″.
Le système BONGO, qui repose sur le management de la misère des Gabonais, répond par le silence à toutes les demandes de débat sur la gestion du pétrole. Manque t-il de marges de manœuvres ? Est-il dépassé par son arrogance ? Nul ne sait vraiment, les deux sans doute !
AUCUNE CONTRIBUTION AU DÉVELOPPEMENT
Le pétrole aurait pu contribuer au développement de deux manières : lutte contre la pauvreté et apport substantiel de ressources financières. Mais, l’expérience de la gestion des ressources pétrolières de tous les bongoïstes de ces trois dernières décennies n’est pas concluante. La répartition inéquitable des revenus pétroliers, la gabegie des autorités politiques et la dette écrasante (gagée le plus souvent sur le pétrole) a rendu impossible une optimisation des ressources financières de l’Etat gabonais. Le pétrole a surtout engendré l’affaiblissement de cet Etat et l’enrichissement d’une poignée d’oligarques bongoïstes. Elle a, en outre, engendré, un système sécurocrate, avec toutes les dérives qui vont avec.

Normalement, les revenus pétroliers comprennent les recettes de la vente de la partie de la production de pétrole qui revient de droit à l’Etat, les royalties et le paiement de bonus de signature lors de l’attribution des permis exploitation. Comme dans tout Contrat de Partage de Production (CPP), les bénéfices pétroliers sont partagés entre l’Etat et les compagnies selon les clauses du contrat. Le taux des royalties (dont le pourcentage est peu clair au Gabon si on ne s’appelle pas Bongo) s’applique sur le volume brut de production (avant toute déduction) ; les royalties sont perçues dès le démarrage de la production. Le calcul du « profit oil » se détermine en déduisant de la production brute les coûts (le « cost oil ») et les royalties. Les revenus pétroliers qui devaient fournir une masse de ressources suffisante pour le développement d’un pays d’à peine un (1) million d’habitants, ont surtout contribué à la faiblesse des institutions étatiques et accentué la dépendance du Gabon envers la ressource. Compte tenu de la masse des ressources générées par le pétrole, chaque Gabonaise et chaque Gabonais pourraient prétendre régulièrement à un dividende mensuel d’environ 100 000 francs cfa (150 euros). Le système Bongo ne veut définir aucune stratégie de distribution de revenus, ni aucune politique fiscale pour faire face à la pauvreté des citoyens (qui doivent se contenter de la compassion des Bongo et du parti-Etat, le PDG) et aux fluctuations des prix du pétrole. L’absence d’un Fond d’épargne manifeste l’incurie du système Bongo et son incompétence. Les besoins nécessaires au développement ont plus que souffert de l’absence d’un fond de stabilisation, destiné à faire face à l’évolution du prix des revenus pétroliers en fonction des fluctuations du prix du pétrole. Et que dire d’un vrai « compte bancaire centralisé » au Gabon qui aurait pu recueillir les revenus non anticipés qui alimentent un fonds de stabilisation fiscale pour le temps où le prix du pétrole commencerait à chuter ? Rien !
CE QU’IL FAUT FAIRE
Si l’émergence à la gabonaise n’était pas une plaisanterie animée par des plaisantins, avant le lancement de la vente de blocs du domaine pétrolier du Gabon, il aurait fallu :
- Activer le fameux compte bancaire centralisé et surtout rendre publics tous les comptes bancaires ouverts dans les paradis fiscaux avec l’argent de l’Etat gabonais ;
- Définir l’administration chargée de gérer et contrôler toutes les activités liés au pétrole ;
- Limiter les incertitudes des recettes par des instruments de couverture de risques moyennant un paiement contre redevance ; ces instruments devant fournir une garantie contre les fluctuations des prix ;
- Appliquer des politiques d’ouverture des marchés et procéder à une mini-déréglementation et en améliorant l’efficacité de raffinage ;
- Examiner les conditions d’évolution de la raffinerie actuelle de pétrole et s’attaquer aux problèmes que posent les infrastructures en ruine.
Toutes ces réformes peuvent s’articuler autour de l’appel à la concurrence, à la privatisation et à la libéralisation de la redistribution intérieure qui ne soit pas que du seul ressort des non-Gabonais (c’est déjà le cas mais il convient simplement de l’élargir à d’autres sociétés qui impliquent davantage de Gabonais). Or, l’enrichissement des Gabonais n’est pas au programme du système Bongo qui ne disposerait plus de souffre-douleurs sur lesquels exercer une coercition d’un autre âge.
La transparence de la gestion du pétrole gabonais est une nécessité pour éviter les désastres politiques et économiques futurs. Elle est à la fois réalisable et vitale. La gestion réussie de la richesse pétrolière est l’un des défis majeurs auquel font face le Gabon et les entreprises pétrolières.
Bruno Ben MOUBAMBA
Vice-Président de l’Union Nationale
bruno@moubamba.com
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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.
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