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APRES 22 HEURES, TOUS LES GABONAIS ONT PEUR !


Parmi les premières décisions prises par le nouveau pouvoir politique au Gabon depuis octobre 2009, il y a eu celle d’interdire l’ouverture des bars après 22 h. De prime abord, la décision semblait appropriée face aux pollutions sonores de ces établissements et aux dérives associées à leur fréquentation jusqu’aux premières lueurs de l’aube gabonaise.

Mais, nombreux sont ceux qui constatent que ladite décision participe désormais au climat lugubre et délétère qui règne au Gabon notamment après 10 h du soir. Au Gabon (pays qui n’est pas encore un état musulman), les forces de sécurité se comportent désormais comme des Sepah-e Pasdaran (les gardiens de la révolution iranienne) : si vous avez la malencontreuse idée de fermer votre bar après 22h, vous aurez assurément une descente de police musclée, votre bar sera saccagé, vous et vos clients serez bastonnés sans autre forme de procès ; nous n’insisterons même pas sur certains traitements infligés aux vendeuses de brochettes et autres poissons braisés !

Dans le même temps, on note une explosion de la criminalité et des agressions sur les personnes après 22 h, comme par hasard ! La découverte de cadavres ici et là, dans les rues de la capitale (comme ce pauvre jeune homme de 24 ans – entre autre – découvert voici quelques jours encore, non loin de l’aéroport de Libreville) et ailleurs fait dire à certains que l’ambiance de vie nocturne « sécurisait » psychologiquement les promeneurs nocturnes tout en empêchant les criminels d’agir trop facilement.

Certes, il fallait faire cesser les pollutions sonores et veiller au bon repos des familles mais la décision urbit et orbi d’interdire très tôt l’ouverture des bars a été un fait du prince, comme d’habitude depuis quelques mois. Le nouveau pouvoir n’a pas étudié d’autres voies et moyens de permettre à nos villes de ne pas devenir des villes mortes avant minuit et à la merci des bandits. Quoique le banditisme ait souvent été lié à certains cercles du pouvoir au Gabon. A quoi servent les commissions du Parlement Gabonais ? L’arsenal juridique de l’état n’aurait-il pas pu suffire à réglementer la vie nocturne des Gabonais sans faire de nos villes des cités fantômes et des coupe-gorges ? A moins que ce soit l’effet qui ait été recherché depuis le début : une population stressée et affamée ne réfléchit pas à son destin, elle se résigne à la survie avant tout (le bongoïsme est un management de la misère, c’est une chose très bien connue).

Selon de nombreux témoignages, la capitale gabonaise par exemple, n’a jamais été aussi dangereuse que depuis qu’on a décidé de fermer les bars à 22 h. Pourquoi 22 h et non minuit ? N’avait-on pas une possibilité de faire cesser les nuisances sonores tout en permettant un minimum de vie qui anime les quartiers ? Notre pays manque cruellement de vie culturelle. Le seul espace digne de ce nom est français et peu accessible à tous. Nous manquons de distractions dignes de ce nom, l’ancien parc d’attraction des Jardins de La Peyrie est une ruine depuis belle lurette, les plages ne sont plus sures et la misère favorise la criminalité de manière exponentielle.

Après 22 h, l’heure fatidique décidée par une fatwa du Distingué Camarade et nouveau Raïs des musulmans du Gabon, il n’est pas certain que vous reveniez entier chez-vous : meurtres, viols, vols…etc ! Voilà le résultat d’un décret décidé sans aucune analyse logique. Malheureusement, le pouvoir n’a que faire de la sécurité du Peuple Gabonais. Le Gabon n’est pour eux qu’une mine et le monde occidental voire oriental à présent sont les vrais lieux pour aller dépenser les produits de la mine Gabon. Leurs familles y sont déjà, alors pourquoi se soucier de la sécurité des petites gens du pays ?

Le problème de tout ceci est que le fossé entre le pouvoir et les Gabonais ne cesse de se creuser. Ceux qui gouvernent le Gabon ont voulu jouer aux puritains musulmans comme si nous étions une république islamique comme l’Iran ou un royaume comme l’Arabie Saoudite. Ils ignorent (ceux qui ont le pouvoir) que la majorité sociologique du Gabon est chrétienne et animiste. Ce n’est pas en empêchant les Gabonais de consommer leur bière (passez-moi l’expression) qu’on sécurisera ce pays d’autant plus que les forces de sécurité se comportent parfois comme des bandes de voyous : violences physique, extorsion, atteinte à la dignité des femmes …etc.

En réalité, cette France qui s’extasie devant l’Afrique du sud de Mandéla tout en étant incapable de montrer au monde un seul pays d’Afrique francophone exemplaire après 50 ans d’indépendances devrait réfléchir à la nature de ses relations avec la famille Bongo. Nous Gabonais, avons besoin d’un nouveau contrat social entre-nous qui permette à ce pays « béni des dieux » d’être normalisé et cela est impossible sous le système Bongo quelque soit sa configuration.

Bruno Ben MOUBAMBA

Vice-Président de L’Union Nationale

bruno@moubamba.com

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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.


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