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Ali Bongo ne sera jamais le président des gabonais


Enfant et Lacrymo par Bruno Ben MOUBAMBA

Enfant portant le reste d’une ogive de bombe lacrymogène à Libreville le 05/09/09 (©Moubamba.com)

Selon une opinion généralement admise au Gabon et dans le reste du monde, M. Ali Ben Bongo Ondimba sera le troisième Président de la République Gabonaise. Il se dit d’ailleurs que les préparatifs de son investiture vont bon train à Libreville et que toutes les mesures ont été prises pour faire en sorte que cet événement se déroule comme le système PDG (Parti Démocratique Gabonais) l’a choisi depuis des mois.


L’investiture d’Ali Bongo semble être tellement inévitable que le Peuple Gabonais est entré dans un désarroi profond et une dépression collective qui valide, une fois de plus, l’adage bien connu au Gabon : « on va encore faire comment ? ». Ajoutons à cela la foule des courtisans de « l’héritier du trône », anciens et nouveaux, qui se lève actuellement au Gabon comme dans la diaspora gabonaise et ne cesse de préoccuper puisque cette assemblée d’affreux démontre une fois encore aux yeux de certains que le Gabonais n’aurait, apparemment, ni éthique, ni conviction. Mais c’est inexact bien entendu.

Certains gabonais face à la réalité politique d’un régime liberticide en phase d’éclosion

Des personnes qui, il y a quelques mois, clamaient partout qu’ils étaient opposés au bongoïsme et qui, aujourd’hui, parce que « le fils » d’Omar Bongo Ondimba serait aux portes du pouvoir, clament ses louanges au mépris des familles de ces dizaines de gabonais massacrés. Car l’Histoire retiendra le 4 septembre comme le Jeudi Rouge au cours duquel on tira sur des manifestants pacifiques, exprimant leur désaccord face au coup d’Etat électoral, comme sur de vulgaires chimpanzés dans la forêt équatoriale.


Que penser également de ces hommes et de ces femmes qui, en continuant à soutenir le régime au delà de la mort du vieux président, qui nous aura gâché la vie pendant 42 ans ? Ils se sont entêtés dans le choix de la malédiction : l’argent, les postes, la trahison, la mauvaise foi, le crime, au lieu de se tourner enfin vers la bénédiction : l’éthique, la morale, l’abnégation, la lutte pour le droit et la justice.


Déjà en juillet et en août 2009, durant la « campagne électorale », on pouvait voir les fruits que les Bongo Ondimba cueillaient de leur management de la misère : les gabonaises et les gabonais courant après les enveloppes de leur propre argent détourné par l’oligarchie prédatrice, acceptant sandwichs ou morceaux de viande distribués ici ou là par la « future première dame », renonçant à leur honneur pour de vulgaires Tee-Shirt et buvant ainsi la coupe de leur propre condamnation.


Mais ils étaient loin de se douter que le pire serait à venir. Certes, nous les avions alertés sur le coup d’état électoral à venir, notamment par une grève de la faim de 2 semaines, nous avions tenté de les sensibiliser sur les dangers de la sorcellerie politique et nous avions défié les forces de sécurité gabonaises en nous opposant à la répression le 7 août 2009 lors de la fameuse manifestation de Rio qui devait aboutir à la mise à l’écart provisoire de celui qui était alors ministre de la défense.

Du 7 août 2009 au Jeudi Rouge

Le 7 août, cette manifestation était, par la violence organisée par le gouvernement le signe clairement précurseur du coup d’état et des agressions qui s’en suivraient de la part des « forces de l’ordre ». Mais cette énorme manifestation, interdite par les autorités, était également le signe précurseur de la capacité de résistance du Peuple et de ses leaders face à ce coup d’Etat.

Sur place, un véritable champ de bataille mais surtout des gabonais qui se rassemblèrent pour défier un pouvoir totalitaire soutenu par la françafrique depuis un demi-siècle au Gabon.
Au delà des querelles de leadership entre opposants, c’est ce jour là qu’un embryon de Front du Refus s’est constitué pour la première fois.

La manifestation de Rio avait pour but de demander la démission d’Ali Ben Bongo du poste de ministre de la défense et d’obtenir le report de l’élection. Cette exigence va prendre tout son sens après la réunion à la présidence de la République qui suivra le 7 août et au cours de laquelle un collectif de plusieurs candidats annonça le 12 août son intention de saisir la justice pour un report du scrutin, estimant trop flagrantes les inégalités et les irrégularités dans la préparation de l’élection. Le 1er ministre Paul Biyoghe Mba affirma alors que « la date du 30 août est non négociable« .

Un gouvernement de transition aux ordres du Clan


Le plus effrayant pour nous fut d’observer de visu le « pouvoir privé » qui grangrène tout l’appareil d’Etat au Gabon. M. Jules Bourdès Ogouliguendé, porte-parole des candidats, démontra l’incongruité de la situation juridique vers laquelle nous nous dirigions.
Madame Rose Francine Rogombé, rappelée à ses responsabilités par Pierre Mamboundou, Casimir Oye Mba et d’autres candidats, ne répondait que par des phrases déconcertantes à ce niveau de responsabilité. Ainsi, réagissant à la critique suivant laquelle le fichier des cartes d’identité devait être mis à jour, nous eûmes droit à des phrases du type :  » je n’ai même pas de carte d’identité oh…(…) vous voulez quoi?… c’est l’opposition qui a voulu ces délais constitutionnels de 30 à 45 jours de vacance du pouvoir ».

Le Peuple Gabonais et les sacs de riz électoraux et autres cuisses de poulet

Mais le problème du Gabon ne s’appelle pas seulement Pascaline ou Ali Ben Bongo Ondimba. Nous, Peuple Gabonais, sommes avant tout notre propre problème puisque nous avons souvent renoncé à notre dignité et à la Liberté au profit d’un « plat de lentilles » qu’on peut rapprocher au tribalisme, aux mauvaises moeurs et au culte de l’argent-roi. Tant que nous n’aurons pas changé au plus profond de nous par une révolution éthique et morale, nous ne pourrons pas abattre irrémédiablement le « dragon du PDG » et le système infernal d’Omar Bongo qui nous hante par delà son trépas.

Il était facile, dès juillet-août 2009, de détecter les mensonges de la sorcellerie politique au Gabon et de comprendre qu’après la kermesse électorale qui commença le 15 août, nous nous retrouverions une fois de plus en septembre-octobre dans la même misère, les pieds dans l’eau et dans les difficultés de rentrée scolaire, pour ne citer que ces maux.


Notre peuple, je le dis de manière claire, manque de clairvoyance, faute de leader éclairé. Qui pourait sérieusement imaginer que les Bongo Ondimba et leurs parrains lâcheraient la poule aux oeufs d’or du Gabon pour une élection crédible ? Les dés étaient pipés. Il aurait sans doute fallu insister sur la dénonciation du « satanisme bongoïste » devant lequel tant de générations s’étaient couchées et décrébiliser à outrance le scrutin du 30 août. Et il y avait de quoi.
Alors la question fondamentale est celle-ci: Ali Ben Bongo sera-t-il véritablement le troisième président du Gabon?

Ali Bongo ne sera jamais le président des gabonais

Pour certains commentateurs, l’affaire est déjà pliée. Pour le commun des gabonais, tout est perdu. Pour les arrivistes de tout bord, voilà une occasion supplémentaire de se faire de l’argent ou avoir des avantages matériels au mépris de toute rationalité et au défi de toute logique. Nous avons « prophétisé  » le coup d’Etat électoral.

Aujourd’hui nous voulons prophétiser à nouveau afin que chacun l’entende : « Ali Ben Bongo Ondimba ne sera jamais le président de la République Gabonaise », ni lui, ni un de ses frères, ni une de ses soeurs, ni un quelconque bongoïste qui n’aurait pas fait son aggiornamento, c’est à dire rejeter totalement le bongoïsme en tant que système totalitaire et diabolique qui a détruit l’âme du Peuple Gabonais et la terre de nos ancêtres par la concuspiscence d’un homme servant avant tout les intérêts d’une mafia internationale.

Pourquoi il ne pourra jamais l’être?


D’abord, parce qu’il n’a pas gagné. Il ne le sera donc jamais, ni moralement, ni spirituellement. Il est impossible que mathématiquement l’ancien ministre de la défense l’ait emporté. Il ne pouvait pas gagner dans le Nord du Gabon, il ne pouvait pas gagner dans l’Ogooué maritime ni dans le Sud du pays, sans parler du centre et de l’Estuaire.

Peut-être aurait-il pu gagner dans le Haut-Ogooué et dans l’Ogooué-Lolo, ces dernières provinces étant des bastions historiques du PDG. Si le fils d’Omar Bongo Ondimba avait gagné, il n’aurait pas gonflé le collège électoral (plus de 800 000 inscrits sur un peu plus d’1000 000 d’habitants), y compris dans le Haut Ogooué. Il n’aurait pas imposé à la CENAP (la commission chargée des élections) des procès verbaux préparés de longue date pour ce fameux 30 août, un jour pour le déshonneur de la politique gabonaise.


Si Ali Bongo avait remporté les élections présidentielles, il n’aurait pas frappé avec une telle brutalité à Libreville le 4 septembre et à Port-Gentil les jours suivants. Il aurait accepté que la cour constitutionnelle compare les procès verbaux en sa possession avec ceux de ses adversaires politiques.


En principe, nous ne sommes ni pour un candidat particulier, ni contre Ali Bongo Ondimba. Nous voulons le respect de la légalité républicaine. Nous sommes pour une régularité des élections par le respect de la Loi car c’est l’idée que nous nous faisons d’une démocratisation réelle de notre pays dans l’intérêt de tous ces peuples africains qui nous regardent et espèrent en ce combat qui est mené au Gabon.

Il a utilisé la force pour s’imposer

Ce président dit « Ã©lu » ne sera jamais réellement notre Président puisqu’il aura utilisé la force jusqu’au bout pour s’imposer. Il aurait pu séduire le Peuple Gabonais pendant sa jeunesse et tant qu’il était aux affaires comme ministre. Cela n’a jamais été le cas. Nous l’avons toujours connu comme un être brutal, irrévérencieux, menaçant et adepte de la loi du plus fort. Et si donc, en quelques semaines, il est la cause de dizaines de morts, c’est à dire beaucoup plus que son père Omar Bongo Ondimba en 42 ans de présidence. Qu’en sera-t-il quand il se sera installé au pouvoir ?


Le Gabon n’a jamais été un terrain de violence politique brute, aucune ville n’a jamais été mise à sac comme vient de l’être Port-Gentil pour asseoir le pouvoir d’un homme. En 1993, 1998 et 2005, le déploiement sécuritaire n’avait jamais été aussi intense. Cette hypothétique présidence commencerait donc bien mal.

Les contorsions de douleurs des gabonais matraqués en guise de prémisse

Au lieu de klaxons et de bruits de fête, nous avons eu des coups de feu et des gazs lacrymogènes. Au lieu de danses célébrant une victoire « Cash » comme aimait à le répéter feu son père, nous avons eu des contorsions de douleur de gabonais matraqués sans ménagement ou atteints avec des balles de fusils d’assaut. Au lieu de félicitations de la communauté internationale et en premier lieu de grandes démocraties comme les Etats-Unis, « le nouveau président » n’aura eu droit pour l’instant qu’aux félicitations de régimes à la probité discutable, en soustrayant à cette liste la France du président Sarkozy et la Corée du Sud.


En ce jour, Jeudi 8 octobre, plus d’un mois après cette prétendue élection, les Etats-Unis de Barack Obama et la Chine de Hu-Jintao n’ont pas encore félicité le prétendu gagnant. C’est dire la considération qu’ont certaines grandes puissances pour « notre président ». Non, ce dernier ne sera jamais notre président parce qu’il ne sera jamais légitime.
Sa légitimité a été battue en brêche depuis la manifestation du 7 août à Rio jusqu’au sit-in devant le siège de Total à Paris, en passant par toutes les rencontres de protestation organisées par les gabonais à travers le monde et sur le territoire national depuis des semaines, sans oublier la mémorable veillée devant la Cité de la Démocratie dans la nuit du 3 au 4 septembre 2009.

Ali ne sera donc jamais légitime aux yeux des gabonais et du monde

Ali n’est pas légitime et ne le deviendra jamais par la force, pas plus que ne l’est devenu Faure Gnassingbé Eyadéma. Le « Président » du Togo n’est pas parvenu à effacer la tâche de son péché Originel : la prise par la force du pouvoir après le décès de son père. Après avoir massacré également des centaines de togolais, ce dernier se pavane certes comme un « Président légitime » dans le monde mais celui-çi n’en pense d’ailleurs pas moins. Il n’est pas le Président de la République Togolaise. Ce n’est qu’un fils à papa qui a confondu un Etat avec les biens de son père.
D’ailleurs, Omar Bongo Ondimba disait publiquement : mes enfants peuvent hériter de mes biens et de mon argent mais ils ne peuvent hériter de mon pouvoir. Tout le mystère réside dans son incapacité d’opérer les changements nécessaires pour garantir un avenir politique à son pays alors que c’était un « homme lucide ». A-t-il laissé faire le scénario actuel du coup d’Etat électoral par peur de sa progéniture ou a-t-il agi de manière cynique afin que le Gabon n’ait pas de futur après lui ? Seule l’Histoire nous le dira.


Quel que soit son comportement dans les jours à venir, les gabonais ne devront jamais considérer Ali comme leur Président. S’il s’impose d’une manière ou d’une autre. Nous devrons toujours refuser en notre for-interne et par notre comportement, de le considérer comme le chef de l’Etat gabonais. Certes, il fera tout pour s’imposer mais nous ne le laisserons jamais nous forcer à le considérer comme un Président digne de ce nom.

Les trois raisons de l’échec programmé

d’Ali Bongo Ondimba


Trois raisons essentielles empêchent continueront d’empêcher Ali Bongo Ondimba de gouverner le Gabon. La première concerne l’emploi de la force, la seconde tient à son entourage familial et politique ( sa cour ) et la dernière est relative au contexte géopolitique du Gabon.

La première: si il veut gouverner, il faudra qu’il s’impose par la force.

Aujourd’hui, la Cour Constitutionnelle ne lui est pas favorable à 100%. Un deuxième coup d’Etat est donc en préparation. Après le coup d’Etat élecroral, voici venir le coup d’Etat constitutionnel. Les membres de la CENAP savent ce qui s’est passé. Les Forces Armées ne sont pas dupes, on en veut pour preuve l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs. L’administration tourne au ralenti. Les partis politiques ne sont pas d’accord avec cette prise de pouvoir, à l’exception du PDG… et encore. Le départ du parti-Etat de grands dirigeants, caciques, tels que Casimir Oye Mba, Eyeghe Ndong ou André Mba Obame, fracture la machine totalitaire du PDG. L’illégitimité de ce parti n’est plus à démontrer.


Il apparaît de plus en plus évident que le courant dit des Rénovateurs n’existe plus, que les groupes qu’on appelait Appélistes, autour de Paul Toungui, et les vieux Caciques se sont laissés imposer le choix d’Ali d’une manière ou d’une autre, nous savons qu’eux non plus n’acceptent pas cette prise de pouvoir.


Pendant toute la campagne électorale, aucun grand discours de « ceux qui comptent » dans le PDG en faveur du tout puissant ministre de la défense. Au contraire, nous n’avons eu droit qu’aux propos désobligeants de son « oncle », le Général Jean Boniface Assélé, ou aux délires de l’ancien Premier Ministre Jean François Ntoutoume Emane.

Les difficultés politiques d’Ali sont indépassables: son clan et son entourage

Autant dire que les difficultés d’Ali à convaincre non seulement le pays mais aussi son propre clan et les forces vives de la nation sont indépassables. Il lui faudra plus que la roublardise de son défunt père et sa capacité à corrompre les meilleurs pour se sortir de cette impasse. Encore faudrait-il que lui et les siens baissent d’un cran dans leur arrogance et leurs dépenses pécuniaires. Ce n’est pourtant pas ce que nous avons vu pendant la campagne. Pour exemple, là où Omar Bongo Ondimba faisait venir, pour les offrir, des voitures chinoises dites « Bongo 2005″, le « Président élu » fit venir des Chevrolet américaines cent fois plus chères.


Il prépare un feu d’artifice extraordinaire pour son investiture après avoir dépensé des centaines de milliards de francs cfa pendant sa campagne, alors que la salle des urgences de l’Hôpital Général de Libreville est fermée depuis deux ans et que deux tiers des enfants qui naissent au Gabon meurent de maladie diarrhéïque.


Ali Bongo ne pourra pas gouverner. Il sait que l’essentiel de son entourage ne l’aime pas et s’est rapproché de lui uniquement par faiblesse. Pour l’argent et pour les postes, tels des insectes attirés par la lumière d’une flamme et qui s’y brûlent les ailes.


Qui ignore l’esprit de gabegie financière qui habite l’essentiel de ceux qui se sont rapprochés des héritiers d’Omar Bongo Ondimba? Qui peut penser que ceux dont la trahison est une marque de fabrique ne trahiront pas leur nouveau cheval de bataille. Comment Ali pourait-il moderniser avec cette clique qui l’entourera et qui a ses propres habitudes depuis 42 ans?

Une aventure vouée à se terminer dans le vide

Assurément le bongoïsme et le pédégisme sont voués à l’échec et cette aventure est destinée à se terminer dans le vide. L’entêtement du fils de Bongo Ondimba le mènera à sa perte et avec lui beaucoup d’autres. Voilà pourquoi je ne crains pas de le dire: il ne sera jamais le Président du Gabon. Un certain nombre de profiteurs et de plaisantins ont vu dans le rapprochement tactique avec l’ancien candidat du PDG un moyen de se faire une place au soleil. Demain ils déchanteront quand ils verront qu’encore une fois, ils se sont trompés et se sont auto-aveuglés par une ambition invraisemblable non correlée par une réalité politique.
L’utilisation de la force ou toute autre méthode coercitive ne fera que retarder le terme d’un processus irréversible : l’auto-destruction du PDG et le fait que nous avons enterré le bongoïsme avec Omar Bongo Ondimba. Nous avons même enterré la première République Gabonaise avec le défunt Président de la République en juin 2009. Ce n’est qu’une question de temps avant que chacun ne s’en aperçoive définitivement.


Aucun adepte de l’Ancien Régime gabonais ne pourra le prolonger, à moins de détruire le Gabon. Cela nous ne le permettrons jamais. La force ne résoudra rien car la « loi de la jungle » ne s’applique pas à toutes les situations. Poursuivre dans cette voix sera suicidaire pour Ali Bongo car on trouve toujours plus fort sur son chemin. Hier c’était le Général Ntumpa qui aura soi-disant essayé de le renverser avant même qu’il ne se soit installé, demain ce sera à qui le tour? Non Ali ne pourra pas présider aux destinées de notre pays parce que le mode par lequel il sera arrivé au pouvoir – la brutalité – s’appliquera à lui-même au moment favorable. C’est une règle historique : qui vit par l’épée périra par l’épée. Inutile de rechercher des responsables à tout cela, si ce n’est dans sa propre direction.

Le contexte géopolitique gabonais dans la sous-région

La troisième raison pour laquelle Ali ne sera pas président est le contexte géopolitique du Gabon. Comment « le Président Ali Bongo » fera t-il pour convaincre nos voisins du Congo Brazzaville, de Guinée équatoriale ou du Cameroun, qu’il est un partenaire crédible ? Il lui faudra beaucoup d’énergie pour faire oublier à Théodoro Obiang Nguéma de Malabo son débarquement militaire sur l’île de Mbanié au moment où l’ancienne colonie espagnole semble plus équipée que le Gabon militairement.


Les Camerounais oublieront-ils si facilement le comportement d’Omar Bongo Ondimba envers Paul Biya et les citoyens camerounais pendant des décennies ? La confiance sera-t-elle rétablie avec notre grand voisin du nord sous cette présidence après les coup d’état ratés et les pogroms anti-camerounais ? Que pense sincèrement M. Sassou Nguesso du nouveau régime de Libreville, lui qui était le beau-père d’Omar Bongo Ondimba et qui a perdu sa fille au Gabon dans des conditions inexpliquées ?


Les appétits des uns et des autres ou la pression de certaines puissances étrangères suffiront-ils pour calmer les ardeurs guerrières de nos voisins après le mal que le Gabon a fait à certains de ces pays sous feu le Président Omar Bongo? L’Histoire ne fait que commencer.

Il croît avoir, à tort, le soutien indéfectible de l’ancienne puissance coloniale

Enfin, les héritiers de Bongo Ondimba se disent que les réseaux françafricains les soutiendront ad vitam aeternam parce qu’ils détiendraient des dossiers compromettants sur certaines autorités françaises et en raison du poids des sociétés secrètes. Si cela est vrai, ces héritiers doivent s’inquiéter et éviter de dormir sur leurs deux oreilles. Ils devront dans tous les cas méditer sur ce qui est arrivé à l’Empereur Bokasssa du Centrafrique.


Ce n’est pas parce que Jean Bedel Bokassa possédait des informations sur les diamants de Valéry Giscard d’Estaing qu’il n’a pas été trahi par son « frère et ami ». N’est-ce pas une opération militaire française qui débarqua le dictateur de Bangui? Les réseaux ne suffisent pas et nous savons que la seule chose qui intéresse certains françafricains est de récupérer leurs obscurs dossiers, s’ils existent. Il est probable que certains héritiers en viennent à regretter leurs chantages, d’autant plus qu’Omar Bongo, comme maître chanteur sachant manipuler intelligemment les leaders français, le faisait avec tact et doigté. Est-ce le cas de ses héritiers ? la suite au prochain épisode.

Nous lançons un appel solennel à la Résistance

En conclusion, nous voulons lancer cet appel solennel : Peuple Gabonais, nous nous sommes battus pour l’honneur et pour l’Histoire, ne nous laissons pas impressionner par les aléas du moment. Il nous faut résister à la tentation du désespoir et au désarroi qui guette les coeurs des enfants du Gabon, quelque soit leur lieu de résidence en ce monde. Nous vous demandons de refuser l’inacceptable. Maintenant vient le temps de la Résistance véritable.


Trop souvent, nous nous sommes divisés sur des bases ethniques ou pour l’intérêt d’un leader, mais le choix qui s’impose à nous est désormais entre l’honneur et le déshonneur, entre l’irresponsabilité et l’esprit de sacrifice. Pouvons-nous accepter d’être corrompus par notre propre argent qui a été détourné ? Jusqu’à quand allons-nous continuer à avoir une vision tribaliste de notre nation : Nord, Sud, Est, Ouest ? Est-il possible de continuer dans la sorcellerie politique et les moeurs dépravées telles que développées sous le système PDG ?


Si nous changeons, alors le Gabon changera. Si nous ne refusons pas le bongoïsme et le Pédégisme qui gangrène nos existences, alors un Bongo Ondimba sera Président du Gabon pour 30 ans supplémentaires. Nous devons refuser absolument de continuer avec les habitudes de l’ancien régime si nous voulons être libérés du système PDG définitivement. La marque du bongoïsme c’est l’immoralité sous toutes ses formes. Ce n’est que par une Révolution éthique que nous détruirons en nous les germes du désespoir semés au cours des 42 ans sous Omar Bongo. Mais non, Ali Bongo Ondimba ne sera jamais notre Président parce que nous aurons refusé de nous laisser acheter, parce que nous n’allons pas accepter de nous humilier pour des postes. La fin ne justifie par les moyens, nul n’est obligé de mentir, de tuer ou de voler pour trouver une place au soleil. Et le Bongoïsme c’est le crime. Cessons d’être des criminels de fait ou en puissance et nous marcherons sur la terre de nos ancêtres la tête haute et sans avoir peur d’Ali ou de ses mercenaires.

Paris, le 8 Octobre 2009

Bruno Ben Moubamba
Acteurs Libres – Front du Refus
BP 1421 51095 REIMS CEDEX
France
bruno@moubamba.com
+33 646 223 518

Reader Comments

Vous aviez disparu depuis prêt de 4 jours et je commençais sérieusement a me poser des questions. Maintenant je comprends que vous étiez très occupe a écrire cet article.
Nous ne baisserons pas les bras. Nous irons jusqu’au bout.
L’espoir auquel nous pouvons croire pour le vrai vient de l’inspiration et la motivation des leaders du ‘front du refus’.

Merci encore

Scarlatine


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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.


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