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Agriculture
« L’agriculture doit désormais être perçue comme un métier qui fait vivre convenablement et prospérer celui qui la pratique »
Etat des lieux
Part de l’agriculture dans l’économie nationale
L’économie gabonaise dépend essentiellement de l’exploitation du pétrole et du bois, malgré l’existence d’un énorme potentiel agricole et des ressources en eau abondantes :
- 15,2 millions d’hectares fertiles, dont seuls 495 000 ha sont directement exploités.
- 440 000 ha de terres irrigables dont seuls 4450 ha sont irriguées, (d’après la FAO ; AQUASTAT, 2005) soit 0,98% de la superficie totale cultivée.
Environ 15% de la population gabonaise vit en milieu rural. Le secteur agricole (hors exploitation forestière) reste relativement peu développé au Gabon. L’agriculture, y compris l’élevage et la pêche, qui occupait 33% de la population active en 2004, n’a contribué au PIB qu’à raison de 8,7% en 2003 (tandis que la part la plus importante du PIB provient des exportations de pétrole) et les exportations du secteur ne représentaient que 0,2% du total des exportations en 2001. Au cours des dernières années, la contribution du secteur agricole au PIB du Gabon a considérablement diminué.
La production agricole
Les principales cultures vivrières sont le manioc et la banane plantain.
Du maïs est également produit (31 000 tonnes en 2002), ainsi qu’un peu de riz (environ 1 000 tonnes).
Les cultures de rente comprennent le cacao, le café et l’hévéa.
L’agriculture familiale a décliné et s’est progressivement repliée vers des systèmes d’autosubsistance, en raison de la faiblesse du capital humain et social et d’un environnement économique peu favorable. On trouve :
- Les exploitations traditionnelles (< 1 ha), caractérisées par une agriculture :
- Itinérante, sur brûlis
- Essentiellement vivrière (plantain, manioc, taro, igname)
- Peu performante
- Autoconsommée
- Les plantations villageoises : cultures de rente (café, cacao, hévéa)
- Les blocs agro-industriels appartenant aux sociétés paraétatiques (huile de palme, caoutchouc, café, cacao, sucre, poulet de chair, viande bovine)
- Les exploitations privées (bananeraies, vergers, potagers, élevage)
- Les petites exploitations périurbaines appliquant des techniques culturales modernes (maraîchage, élevage, production de champignons, polyculture vivrière).
Déficit de gouvernance
Certains facteurs structurels ont jouĂ© un rĂ´le dĂ©terminant dans cette situation : exode rural, vieillissement de la population rurale, mauvais Ă©tat des routes, faible capacitĂ© des exploitations agricoles, choix stratĂ©giques discutables privilĂ©giant la crĂ©ation des complexes agro-industriels organisĂ©s par filières, mondialisation…. Mais la raison majeure est le dĂ©ficit de politiques, d’institutions et de gouvernance.
Les politiques agricoles successives des 42 dernières annĂ©es n’ont pas su aborder le dĂ©veloppement agricole dans sa globalitĂ©, dans sa diversitĂ© et dans sa relation fondamentale avec le dĂ©veloppement rural et durable. Elles n’ont pas pu s’adresser au capital humain, mobiliser et responsabiliser suffisamment les acteurs et appuyer efficacement leurs initiatives. Cette nĂ©gligence du secteur agricole s’est faite au profit de celui du pĂ©trole et a eu comme consĂ©quence principale, le recours Ă une importation massive de vivres (60% de la
consommation alimentaire est importée). Selon les données disponibles (FAOSTAT, 2004), le pays peut être considéré comme importateur net. La valeur des importations agricoles a progressivement augmenté depuis les années 1970 pour atteindre 16,8 millions de dollars en 2004. Entre 2000 et 2002, les importations alimentaires croissent en valeur de 9% par an provoquant ainsi une importante sortie de devises. Elles sont passées de 70,5 milliards de francs CFA en 1995 à 134 milliards en 2002, non compris les boissons (source : MinPlan).
La stratégie agricole du Gabon doit être revue et doit se concentrer sur sa mise à niveau, sa restructuration et la redéfinition des missions. L’agriculture peut être l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15 prochaines années. Ceci avec des retombées importantes en termes de croissance du PIB, de création d’emplois, d’exportation et de lutte contre la pauvreté.
Propositions
Les actions stratégiques que nous envisageons de mettre en œuvre concerneront :
L’amĂ©lioration de la productivitĂ© et de la compĂ©titivitĂ© du secteur
Pour limiter les pertes post-récoltes et renforcer la compétitivité du secteur agricole, il faut assainir les circuits de distribution et rationaliser les mécanismes de commercialisation.
A ce titre nous travaillerons au renforcement de la chaîne Pistes agricoles – Centres de collecte – Marchés de gros – Marchés de détail. Comme nous l’avons déjà indiqué les efforts que nous comptons faire en matière d’amélioration des Pistes rurales seront importants.
Un soutien financier sera apporté aux communes pour doter les principales zones de production de centres de collectes et pour développer le réseau de marchés de détail. Parallèlement, le secteur privé sera associé à la réalisation d’autres marchés de gros.
La surveillance et la régulation du marché intérieur des produits agricoles doivent être plus efficacement organisées. Nous proposons d’associer les Opérateurs économiques à la mise en place d’un nouvel instrument de promotion de la commercialisation intérieure des produits agricoles. En ce qui concerne la commercialisation extérieure de nos produits agricoles, le processus en cours doit être poursuivi.
L’intervention de l’Etat doit davantage cibler le développement des capacités, la mise en œuvre des mesures d’incitations, l’amélioration des techniques agricoles, la promotion de la qualité et le développement des semences et des plants.
On devra évoluer vers un Groupement associant l’Etat aux organisations professionnelles Agricoles (OPA) et à la chambre d’Agriculture, de manière qu’elles prennent plus efficacement en charge les nouvelles missions que nous comptons lui assigner et qui viseront, à travers la formation, la valorisation des résultats de la recherche et un meilleur encadrement, l’émergence d’organisations professionnelles performantes et le développement d’un secteur privé dynamique.
L’intervention de l’Etat doit également viser à soutenir la recherche-développement, à promouvoir l’aménagement, l’équipement et la gestion de l’espace rural.
Pour consolider la compétitivité de notre agriculture, il faut aller vers la mécanisation : cela permettra de réduire la pénibilité du travail agricole et de favoriser l’exploitation rationnelle des sols.
L’industrie gabonaise doit y contribuer.
La question foncière
L’accès à la terre constitue la première étape conditionnant l’activité de production agricole. De même, l’investissement pour le maintien ou le renforcement de la capacité productive des terres dépend des conditions de sécurisation foncière. La question de sécurisation foncière en milieu rural demeure un des grands enjeux et défis conditionnant le devenir de l’agriculture dans le pays.
La promotion du monde rural
Avec le recentrage du rôle de l’Etat dans la politique agricole, l’heure est venue pour le monde rural de prendre en main sa destinée, de s’émanciper et de s’épanouir par l’auto-promotion. Nous consacrerons un effort important à la promotion du monde rural, afin de lui assurer la place et la part qu’il mérite dans le progrès de notre pays.
Le bien-être social en milieu rural est étroitement associé au développement des infrastructures de base, notamment les voies de communication, de l’électricité, de l’hydraulique villageoise, des infrastructures sanitaires et éducatives. C’est à travers la mise en place d’infrastructures nouvelles que se transformera la vie en milieu rural.
Les organisations professionnelles agricoles et la Chambre d’Agriculture, qui constituent les piliers du développement agricole, bénéficieront d’un appui matériel et financier substantiel pour consolider et relancer leurs activités. Avec l’appui des Centres de Métiers Ruraux et de la Banque Agricole, les OPA disposeront des compétences requises et des moyens nécessaires à la modernisation des exploitations agricoles et à la promotion sociale du monde rural.
Le statut et la reconnaissance juridique du métier d’agriculteur
L’agriculture devra de plus en plus être perçue comme un métier juridiquement reconnu et pratiqué par des travailleurs ruraux et/ou urbains ou périurbains, qui, comme les autres catégories de travailleurs, ont des droits et des devoirs et jouissent de la protection sociale. Cette reconnaissance du métier d’agriculteur est une étape nécessaire dans la considération de l’agriculture et constitue également un moyen d’incitation à un engagement de nouveaux acteurs et à une meilleure professionnalisation.
Une politique de diversification et de promotion de l’agro-industrie
Renouer avec une croissance soutenue dans le secteur agricole et réduire la pauvreté en milieu rural exigent aussi la diversification des cultures et la promotion de l’agro-industrie pour tirer profit de nos avantages comparatifs. De nouvelles filières porteuses doivent être identifiées et promues, la spécialisation agricole régionale doit être développée et l’agro-industrie dynamisée.
La promotion de nouvelles filières agricoles se fera sur la base de la spécialisation selon les conditions climatiques spécifiques à chaque région.
Les actions spécifiques en faveur du développement de l’élevage seront orientées en direction de la filière bovine, en accordant la priorité à la production laitière, ainsi que les filières des élevages à cycle court (porcs et volailles).
L’autosuffisance alimentaire sera une priorité, avant que le Gabon ne devienne exportateur : ces actions seront soutenues par la professionnalisation des éleveurs, la promotion des métiers et de la viande et du lait, la modernisation et l’équipement des installations d’abattage et de transformation. Il nous faudra également faire la promotion de la pêche maritime et lagunaire, dynamiser la pêche continentale et développer l’aquaculture.
Aujourd’hui fer de lance de l’industrie gabonaise, l’agro-industrie est appelée à devenir le moteur de la diversification des productions agricoles qui permettra d’assurer des prix rémunérateurs et des revenus substantiels aux paysans.
Investissements
La stratégie préconisée sera basée sur :
- la promotion des investissements privés pour accroître la capacité de transformation des produits de plantation et favoriser l’émergence de petites unités dans les filières de diversification par la construction d’entreprises,
- l’achat de semences et d’intrants agricoles variés en quantité suffisante pour le besoin des agriculteurs de tout domaine,
- l’achat d’un important parc de tracteurs équipés pour le labour, le travail du sol, le semis, les récoltes, avec des subventions à l’acquisition, le service après-vente devant être garanti,
- l’aide à la construction de fermes individuelles ou de petite collectivité familiale,
- l’acquisition d’engins appropriés de dégager des surfaces destinées aux plantations agricoles tout en préservant les cadres naturels et la biodiversité,
- la fourniture d’outils légers de travail agricole,
- l’incitation à l’investissement massif dans le domaine de l’élevage avec la mise en place d’une politique favorable à l’acquisition de la matière première dans ce domaine.
- la promotion active de la consommation des produits du label national.
- Le renforcement du cadre juridique de l’exploitation agraire (Accès à propriété foncière, protection sociale des agriculteurs…)
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J'ai été candidat pour l'élection présidentielle du 30 aout 2009 au Gabon. J'ai décidé de me battre jusqu'au bout pour un avenir meilleur des peuples de l'Afrique Francophone. Vous trouverez ici l'actualité de mon engagement et les informations d'Afrique et d'ailleurs.
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