Gabon/ACR : Discours du Président de L’A.C.R

ACR : Pour une Réforme Radicale de la Constitution.
Au nom des Principes, des Valeurs et des Normes

Cher Peuple Gabonais,
Cher peuple de Pierre Mamboundou,
Cher peuple d’André Mba Obame,
Chers frères et sœurs,

Nous sommes ici parce que nous devons nous prononcer sur le Dialogue National et Politique et parce que nous soutenons le Président de la République, monsieur Ali Bongo Ondimba, sans appuyer le système despotique du Parti Démocratique Gabonais. Nous sommes les soutiens du Président de la République en tant qu’institution parce que nous refusons l’effondrement de l’Etat Gabonais. Ailleurs, lorsqu’on veut détruire un Etat, on commence d’abord par détruire ses institutions au premier rang desquelles : l’institution du Président de la République.

Nous sommes également ici pour dire aux nouvelles générations et à tous les partisans du Gabon d’après que nous devons avoir le courage d’appuyer les réformes fondamentales et radicales du pays derrière le Président de la République car celui-ci veut réellement réformer le pays, à la différence de ses faux amis qui ne cherchent qu’à le trahir et à empêcher le pays d’avancer. Moi-même en tant que membre du gouvernement, en charge de l’habitat, je subis tous les blocages du système despotique pour vous empêcher d’avoir des logements alors que nous sommes prêts et que nous avons les investisseurs capables de nous sortir des inondations et du mal-logement.
Nous sommes aussi ici pour rappeler au monde que c’est ici au Stade de la Nation que tout a commencé pour nous le 31 aout 2016 lors des émeutes post-électorales au cours desquelles j’ai pris mes responsabilités. Ma seule faute est d’avoir vu clair avant tout le monde car certains de ceux qui ont orchestré les violences sont aujourd’hui les acteurs majeurs du dialogue politique.
Enfin, nous sommes ici pour dire au monde que nous sommes fiers d’être gabonais car c’est ici que le monde a commencé, dans ce Gabon qui selon les archéologues est habité par l’homme depuis plus de 100 000 ans. Nous n’avons donc aucune raison d’avoir honte de nous-mêmes. Ce pays a besoin d’être renouvelé dans ses ressources humaines mais aussi dans ses habitudes. Nous sommes un grand pays, nous sommes forts. Les gabonais sont des êtres humains intelligents, qu’attendons-nous pour changer le futur ?

1. Elaboration de la constitution de la République du Gabon
Le dialogue national et politique convoqué par le Président Ali Bongo Ondimba travaille entre autre sur des réformes constitutionnelles dont il faut demander si elles seront suffisamment audacieuses et sur quelle légitimité elles reposeront.
Un tel projet de réforme constitutionnelle qui intéresse les héritiers de Pierre Mamboundou et les héritiers d’André Mba Obame ne devrait être élaboré que par une Assemblée Nationale Constituante. Un nouveau texte constitutionnel devrait être soumis à référendum.

2. Des principes fondamentaux de la Constitution
La Constitution de la République du Gabon devrait être la première constitution non-coloniale du continent africain. Pour ce faire, elle devrait émaner d’une Assemblée Nationale Constituante qui tienne compte des principes, des valeurs et des normes bantu.
Selon la Constitution, le régime politique de la République du Gabon devrait s’appuyer sur le principe d’un équilibre du pouvoir entre le Président de la République, le Peuple et le Parlement. Sa légitimité serait assurée par le respect des principes, des valeurs et des normes, ainsi que des traditions et des coutumes en vertu de la Providence universelle.
La gestion des affaires devrait viser la recherche du Bien Commun, en s’appuyant sur l’idée de Providence universelle dans la marche du monde, sur l’éthique de la responsabilité individuelle et collective et sur la volonté populaire exprimée lors des différents scrutins.
La Constitution de la République Gabonaise doit garantir la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
Le Sénat devrait être remplacé par une Chambre Haute du Parlement dénommée Collège des Sages, composé d’érudits et de sages, ayant pour mission de veiller à la conformité des lois adoptées par l’Assemblée Nationale aux principes, aux valeurs et aux normes.

3. Sur lePréambule de la Constitution
La Constitution de la République du Gabon est l’expression des institutions politiques, économiques, sociales et culturelles de la Communauté Nationale, fondée sur les principes, les valeurs et les normes ainsi que sur les traditions et les coutumes, qui sont le reflet de la volonté profonde de la Nation.

La nature de la Réforme Radicale au moyen d’un Changement et d’une Renouveau de la Nation repose sur la volonté longtemps exprimée de toutes les couches de la population, dans une aspiration fondamentale.
La particularité essentielle de la Réforme Radicale, réside dans son caractère philosophique, éthique et culturel. La Nation, après avoir traversé le Système Despotique, a acquis cette expérience que la raison primordiale de son échec était l’absence de principes, de valeurs et de normes dans l’action.
Bien que, les acteurs sociopolitiques aient eu un rôle essentiel dans l’évolution des aspirations des citoyens, en raison de la non-prise en compte des principes, des valeurs et des normes, la Nation a été entraînée vers l’immobilisme et le défaitisme.
Au regard de ce qui précède, la conscience éveillée du Peuple, a voulu retrouver la voie de la dignité par le renouveau de l’intelligence collective, la considération de l’éthique des valeurs et le retour aux fondements culturels ; et cette fois, les acteurs sociopolitiques, qui étaient constamment en première ligne des revendications légitimes, et les hommes et les femmes engagés, ont fondé un nouvel espoir pour la société.

4. Aux sources du Changement et du Renouveau
La résistance contre les stratégies de consolidation du Système Despotique et de renforcement des dépendances politiques, économiques, sociales et culturelles de la Nation ayant conduit à l’asservissement du Peuple, est devenue le générateur de la réforme radicale du pays et doit aboutir au Changement du modèle systémique de l’Etat et au renouveau de la dignité du Peuple. Le dialogue national et politique devrait être le point de départ d’une nouvelle République, qui consolide et renforce le rôle central de la Conscience du Peuple en qualité de socle de l’unité de la Nation.
La Constitution de la République du Gabon, en tant qu’expression des institutions et des rapports politiques, économiques, sociaux et culturels de la société, doit ouvrir la voie à la consolidation des fondements de l’Etat et présenter un nouveau système politique différent des arrangements d’arrière-boutique.

5. La manière de gouverner
L’Etat, du point de vue de la Culture gabonaise, n’est pas issu de la position des classes ou de la domination d’un individu ou d’un groupe mais de la matérialisation concrète des principes, des valeurs et des normes ainsi que des traditions et coutumes d’une Communauté qui affirme la double nature de toute réalité du monde : la nature matérielle et la nature immatérielle des phénomènes.

L’Etat Gabonais s’organise pour que, dans le processus de l’évolution de ses citoyens, la Communauté s’ouvre vers l’objectif final : le progrès permanent des êtres-humains, la dignité de toute personne humaine et sa responsabilité du monde ainsi que le maintien de l’équilibre de la Communauté Nationale par la conscience de la permanence des principes, des valeurs et des normes, en vertu de l’idée de Providence.
La Nation, dans le courant de son évolution vers sa Réforme Radicale, s’est débarrassée des complexes hérités de l’asservissement et du despotisme. De fait, elle s’est éloignée de l’aliénation, en revenant aux positions intellectuelles et à la vision historique originelle de la Culture Gabonaise ; et elle a choisi de favoriser l’émergence, à partir des principes, des valeurs et des normes ainsi que des traditions et des coutumes, en vertu de l’idée de Providence.
Sur un tel fondement, la mission de la Constitution Gabonaise consiste à créer les conditions dans lesquelles les citoyens doivent être formés avec de hautes aspirations éthiques.
La Constitution, tenant compte de la teneur philosophique de la Normalisation de la Nation, prépare la voie au Changement et au Renouveau des normes de l’Etat à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du pays, également dans le développement des relations internationales ; elle s’efforce de favoriser une évolution positive de l’idée d’humanité pour tous et en tout.
La Constitution est le garant du rejet de toute forme de despotisme intellectuel, politique, social et économique. La Constitution tend à se départir du Système Despotique, et à développer l’éthique de la responsabilité au sein du Peuple souverain.

Dans la création des organes et des infrastructures politiques qui sont elles-mêmes le fondement de l’organisation de la société, des personnes avisées sont chargées de gouverner la Communauté et d’administrer le pays, et la législation, qui est l’expression des critères de la gestion sociale, s’appuie sur des principes fondamentaux, des valeurs essentielles et des normes collectives indépassables.
C’est pourquoi, un contrôle intellectuel et moral de la part des Sages de la Nation est un impératif nécessaire ; en gouvernant, l’objectif est de faire progresser la Nation dans toutes ses réalités, afin que le processus d’épanouissement des capacités soit déployé dans l’intention de faire apparaître les ressources les plus fondamentales de l’être-humain, « bantu » dans nos langues ; et cela ne peut être réalisé autrement que par la participation active et large de l’ensemble des composants de la Communauté, dans le processus d’évolution de la société.
En tenant compte de cet objectif, la Constitution prépare le terrain d’une telle participation à tous les échelons de la société en application stricte du principe de subsidiarité qui veut que les décisions puisent être prises au niveau approprié le plus proche du problème posé. Cette participation de tous les membres de la société est déterminante pour l’avenir, afin que, dans la voie de l’évolution, chaque personne participe et soit responsable du progrès de tous et pour tout.

Le respect des principes, des valeurs et des normes qui fondent la Constitution prépare le terrain pour la renaissance de la Culture Gabonaise réunissant toutes les qualités requises pour être reconnue en qualité de Soleil de la Vérité des principes et de la Justice, moteur de la crédibilité des valeurs et matrice de la qualité des normes, par le Peuple, et qui doit garantir que les différentes structures du gouvernement de la Communauté, ne s’écartent pas de leur devoir principal : le progrès permanent de tous et en tout.

6. Lʹéconomie est un moyen et non une fin

Dans le processus économique, le Principe est la satisfaction de l’ensemble des besoins légitimes des êtres humains dans le cours de leur progrès et de leur développement, et non la concentration et l’accroissement des richesses, et la quête du seul profit. Car, dans les conceptions matérialistes, l’économie est en soi un but, et pour cette raison, dans les étapes de la croissance, l’économie devient un facteur de destruction, d’aliénation et de corruption des êtres humains.
Dans l’Etat Gabonais, l’économie est un moyen pour le progrès de tous et en tout et non une fin en soi ; l’on ne peut attendre du moyen qu’est l’économie, autre chose qu’un apport meilleur dans la voie d’accès au but. Et les réalités matérielles ne peuvent supplanter les réalités immatérielles non moins décisives, en vertu de l’idée de Providence.

De ce point de vue, l’ambition de l’économie Gabonaise est de favoriser un terrain propice à la révélation des différentes forces créatives humaines, et partant, de garantir les justes revenus, la création d’emplois pour tous, ainsi que la satisfaction des besoins indispensables à la continuité de son mouvement évolutif.

7. La Femme matricielle
Dans l’établissement des fondements sociaux de l’Etat Gabonais, tous ceux qui étaient tenus par les forces de l’ignorance et de l’obscurité au service de l’aliénation du Peuple, retrouvent leur dignité d’êtres-humains, et dans cette restauration, il est naturel que les femmes, notamment celles ayant subi l’exploitation de la part du Système Despotique, soient davantage protégées dans leurs droits.
La famille est la cellule de base de la Communauté Nationale et l’espace principal de la croissance et de l’élévation de tous les êtres-humains ; et la compréhension des principes, la libre adhésion aux valeurs et la compréhension des normes sont des éléments fondamentaux dans la fondation d’une famille, qui est le principal facteur constructif du mouvement évolutif et progressif des êtres-humains et non un accident ; fournir des moyens destinés à atteindre ces objectifs fait partie des tâches de l’Etat.

La femme, dans cette conception de l’unité familiale, quitte son état « d’objet » ou « d’instrument » au service de la jouissance des uns et de l’exploitation des autres, et tout en retrouvant sa qualité à part entière de personne humaine et de matrice sociale qui contribue au progrès des êtres-humains et de la Nation, elle combat sans exclusive et avec ses qualités et ses sagesses propres aux côtés des hommes dans tous les domaines de l’existence.

8. Une Sécurité Nationale consciente
Dans l’organisation et l’équipement des forces défensives du pays, l’attention se porte sur la formation des Défenseurs de l’Etat, de façon à ce qu’elle soit le fondement et la règle des Forces de Défense et de Sécurité du pays. Pour cette raison, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et le Corps de Défense de la Constitution (CDC) sont organisés en conformité avec cet objectif et sont chargés, non seulement de la sauvegarde et de la protection des frontières, mais également de la mission de conscientisation des citoyens, c’est-à-dire du combat pour la vulgarisation des principes, des valeurs et des normes de la République, en vertu de l’idée de Providence universelle.

9. Le principe de la Justice
La question de la Justice, en rapport avec la sauvegarde des Droits Fondamentaux dans le but de prévenir les écarts de position contraires à l’équilibre au sein de la Communauté, est un impératif vital. De ce fait, l’instauration d’un Système Judiciaire sur la base de principes, de valeurs et de normes, et composé de magistrats compétents, libres et conscients est indépassable.

Le Système Judicaire, en raison de son caractère fondamentalement sensible et de l’attention portée aux spécificités culturelles, doit nécessairement être débarrassé de tout rapport et lien d’aliénation, grâce à la prise en compte des traditions et des coutumes.

10. Le Pouvoir Exécutif
Le Pouvoir Exécutif, en raison de l’importance particulière qui lui est accordée en relation avec l’application des traditions et des coutumes pour parvenir aux rapports et aux relations équitables qui doivent régir une société normalisée, ainsi que de la nécessité que présente cette question vitale dans le projet d’accession à l’objectif final de l’existence, ouvre la voie pour la Normalisation de la République.
Pour cette raison, le système bureaucratique qui est le produit et le résultat des régimes despotiques, est rejeté, afin qu’un Système Exécutif plus efficace et plus rapide dans l’exécution des engagements législatifs et administratifs, soit la norme.

11. Les moyens de communication
Les moyens de communication doivent être mis au service de la diffusion de la Culture Gabonaise dans l’optique du processus de restauration de la dignité des personnes ; et dans ce domaine, ils doivent bénéficier des toutes les ressources intellectuelles et matérielles nécessaires à l’accomplissement d’un dessein bienveillant, d’une part ; et d’autre part, ils doivent s’abstenir de répandre des habitudes rétrogrades et défavorables aux principes, aux valeurs, aux normes, aux traditions et aux coutumes du pays, en vertu de la Providence.
L’obéissance aux principes d’une telle Loi, qui considère la dignité de la personne humaine comme le premier de ses objectifs, et qui ouvre la voie au progrès et à l’évolution du genre humain vers une plus grande responsabilité universelle, incombe à tous ; et il est nécessaire que la Communauté Nationale, par le choix de ses responsables qualifiés, des ses érudits et de ses sages, et par un contrôle constant de leur travail, participe de façon active à la construction d’un monde nouveau, dans l’espoir qu’il réussisse par le moyen de l’édification d’un Etat irréprochable qui devienne un symbole crédible, dans le strict respect de la liberté d’expression et notamment de la liberté de la presse.

Ces principes de la Réforme Radicale édités par notre Congrès Extraordinaire des 28 et 29 avril 2017 appellent la validation des militantes et militants de notre parti. Voilà pourquoi je vous demande d’apposer votre signature au bas de cet acte pour la Réforme Radicale de la Constitution. Il sera transmis au Président de la République et au Premier Ministre, Chef du Gouvernement, dans les plus brefs délais.

Vive le Gabon,
Que la Providence protège le Gabon,
Je vous remercie.

Bruno BEN MOUBAMBA
Président de l’ACR, Alliance pour le Changement et le Renouveau.

 

Be the first to comment

Leave a comment

Your email address will not be published.


*