GABON / Ben Moubamba s’oppose à la radiation des grévistes de l’Education Nationale

Ce jour, 31 janvier 2017, à ma grande stupéfaction, a été rendue publique une circulaire contradictoire avec les textes régissant les libertés syndicales qu’applique le Gabon*. Cette circulaire appelle notamment à la radiation de certains agents et enseignants grévistes.

Ceci est d’autant plus surprenant qu’une discussion, dans laquelle je suis impliqué, est en cours avec les grévistes et les parents d’élèves. En effet, j’ai été contacté récemment par les syndicats concernés qui ont demandé une aide pour parvenir au dialogue et trouver une issue à la crise. Suite à ce contact, j’ai reçu pendant deux heures le ministre de l’Education Nationale et il m’a confirmé à quel point la situation était bloquée. Nous avons convenu que j’allais proposer au Premier Ministre la création rapide d’une commission interministérielle sous mon autorité afin de mener cette discussion avec toutes les parties prenantes pour mettre un terme au conflit.

J’ai donc informé par oral et par écrit le Premier Ministre, et d’autres ministres impliqués, de ces signaux encourageants et de cette proposition de commission. J’ai également clairement indiqué que je recevrai les syndicats ce jeudi 2 février 2017, sans qu’aucun de mes interlocuteurs ne s’y oppose ni ne m’indique que la voie de la concertation n’était plus celle retenue.

 

Quel est ce jeu ? Cherche-t-on à maintenir volontairement les syndicats dans la revendication alors que des issues existent ? Au moment où une volonté de trouver une solution commune semble à portée de main, que doit-on comprendre dans ce refus de main tendue ?

Au-delà de l’absence de respect dû à ma fonction, ce qui est déjà en soi déjà inacceptable, je regrette l’absence de « dialogue social » depuis le début de l’année scolaire. Pour les enfants de ce pays et pour sauver ce qu’il reste de l’année scolaire, il est nécessaire de se transcender et non de radicaliser ses positions. Il faut laisser une chance au dialogue et ne pas ajouter davantage de tensions dans notre pays suffisamment éprouvé depuis plusieurs mois.

 

Je suis ici pour servir la Nation et je défends les principes, les valeurs et les normes. Voilà pourquoi j’ai défendu la stabilité du Gabon en dépit des critiques et des risques que je cours encore aujourd’hui dans un environnement qui m’est majoritairement hostile.

Etant encore pour le moment Vice-Premier Ministre de la République Gabonaise, et tant que le Chef de l’Etat me fera confiance, je défendrai la politique de l’égalité des chances dans tous les domaines impliquant la charge qu’il m’a confiée avec la loyauté et le sens de la vérité qui me caractérisent, dans l’intérêt de tous les gabonais, en particulier de leurs enfants.

Bruno Ben Moubamba

 

 

* Le Gabon a signé au niveau de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), les lois 87, 97 et 98 qui portent sur les libertés syndicales, notamment sur le droit de grève qui est fondamental.

Ces lois sont supra/nationales, c’est-à-dire qu’elles s’imposent au droit gabonais.

Au niveau de la fonction publique, les syndicats sont régis par la loi 18 /92 sur les organisations syndicales et il existe une note circulaire de l’ancien ministre de l’Education Nationale André Mba Obame, qui interdit l’entrave aux libertés syndicales.

 

Be the first to comment

Leave a comment

Your email address will not be published.


*